La co-créativité et les communautés en ligne : opportunités et limites

La co-créativité et les communautés en ligne : opportunités et limites

Depuis plusieurs années, la co-création prend une place croissante dans la stratégie d'innovation des entreprises. Si cette co-création donne une place singulière au consommateur, utile pour les marques, sa mise en oeuvre via des communautés en ligne n'est pas sans rencontrer certaines limites à l'épreuve des faits. Comment tirer le meilleur parti de cette co-création ?


La co-création en question
La co-création est une démarche commune d'innovation entre une marque et ses clients /consommateurs. Elle peut s'appliquer à différentes problématiques, notamment : l'innovation produit et services ou la communication. L'instauration d'un tel dialogue marque-consommateur n'est bien sûr pas nouvelle, les études de marché ont depuis longtemps déjà permis une telle approche grâce notamment aux techniques créatives qui associent des « consommateurs experts » sensibilisés aux techniques créatives et des chefs de produits.


Avec les communautés créatives en ligne, la co-création permet d'instaurer un dialogue nettement plus fluide. En effet, on accède mieux à la cible que l'on souhaite associer à la démarche :

  • la contribution créative peut se faire au moment où le participant est le mieux à même d'y travailler, en toute flexibilité, et pas seulement lors des sessions créatives fixées à une heure donnée,
  • on peut soumettre un volume plus riche de stimuli créatifs (photos, vidéos) permettant d'optimiser l'imprégnation du consommateur créatif,
  • le consommateur peut lui-même encore mieux étayer sa piste créative par différents apports (photos, vidéos, auto-reportages, etc...),
  • on peut alterner efficacement des phases individuelles et des phases collectives (selon que les contributions postées sont privées ou publiques à certains moments).


Si la richesse d'une telle approche par communautés en ligne n'est aujourd'hui plus à démontrer, il reste néanmoins pour le marketer un écueil de taille à affronter : quand il s'agit de pistes d'innovation produit ou service, le matériel collecté auprès de la communauté est souvent désorganisé, mal structuré, prend souvent la forme d'une immense boîte idée quelque peu « bric-à-brac ».


Le problème et les limites
Hélas, même si de nouveaux intervenants dans le domaine des marketing services proposent le recrutement, l'animation de la communauté et l'interface permettant de dialoguer avec ces consommateurs créatifs, la discipline créative et la structuration du matériel obtenu est assez rarement au rendez-vous. C'est donc souvent a posteriori que les marques doivent récupérer l'importante masse des contributions innovantes des consommateurs afin de tenter d'y apporter une certaine lisibilité stratégique, car il est rare que ces contributions contiennent des insights consommateurs directement exploitables.


Débusquer les bons insights
Un insight exploitable, dans la perspective d'une innovation produit et service doit comporter au moins trois composantes : adresser un besoin identifié, étayer ce besoin par une illustration ou un cas vécu concret, indiquer la contrainte, le frein qui fait que la situation décrite conduit à une situation de blocage donnant lieu à une frustration du consommateur ou à un désir non assouvi. De cette frustration à satisfaire un besoin réel née une tension que le marketer va s'attacher à résoudre par une offre produit et service.

Ainsi, le matériel receuilli au sein des communautés créatives en vue d'innovation produits ou services devraient pour chacun d'entre eux permettre d'identifier des insights directement exploitables sur un plan marketing car le concept produit que l'on pourra imaginer devra résoudre une tension (santé vs temps) réelle. Comme nous l'avons souligné, il est hélas rare d'obtenir une information structurée sous ce format exploitable à l'issue de la période d'animation d'une communauté créative.


Vers une meilleure structuration des insights recueillis
La clé réside donc bien dans la capacité, lors de l'animation à structurer cette information. Si aujourd'hui l'exercice d'animation reste centré sur la transmission de stimuli et le recueil d'idées créatives, les fournisseurs de ce type de prestations devront demain monter en compétence et savoir structurer le plus en amont possible dans la chaîne créative cette information afin de ne pas reporter l'essentiel de ce travail sur leurs clients : les marques. Il en va des plateformes conversationnelles et co-créatives comme de n'importe quel système d'information ou base de données : une information en masse mal structurée devient rapidement inexploitable.


La structuration de cette information en même temps que la phase de son recueil nécessite des « guides d'animation » conçus à cet effet qui devront dans l'avenir être mieux balisés. Mais, bien sûr, on doit veiller à ce que la structuration de cette information ne se fasse pas au détriment de la créativité elle-même. Aussi recommandons-nous de procéder en deux temps. 

Voir notre approche insight-crafter qui permet de structurer dès l'amont la recherche d'insights dans le cadre d'un dialogue co-créatif en ligne, avec des consommateurs.


    

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